ciel couvert ce matin
et puis nuages et puis soleil dans la journée
il y va toujours de son petit bulletin météo
dans le bus
il a le verbe haut et l'élocution limpide
il est toujours habillé comme ça l'été
chemise orange
bermuda beige
gilet de baroudeur
sandales en cuir marron
il dispense ses conseils culinaires
commente ses achats
multiplie les mimiques et les compliments
aux enfants
aux mamans
et drague pour de faux les petites mamies
tellement prévenant que ça énerve tout le monde
tellement rassurant que ça fout les miquettes
parfois il raconte sa vie
que son père mesurait 2 mètres
que sa mère mesurait 1m55
que sa mère est décédée
il y a trois ans
des suites d'une mauvaise chute
que sa soeur ne s'en est jamais remise
que sa soeur est morte de chagrin l'hiver dernier
deux mois avant son cousin germain
celui avec qui il faisait les 400 coups quand ils étaient gamins
78 ans sa mère
49 ans sa soeur
53 ans son cousin
ça fait beaucoup de malheurs en peu de temps
déménager va lui faire beaucoup de bien
le bâtiment 8 est devenu invivable de toute façon
tous les soirs du trafic
tous les soirs du boucan
oh que oui
déménager va lui mettre du baume au coeur
«Encore un qui se prend pour un génie de la littérature. Tchouss.» Alcôve House Revue
Affichage des articles dont le libellé est bus. Afficher tous les articles
Affichage des articles dont le libellé est bus. Afficher tous les articles
vendredi 2 septembre 2016
mardi 1 juillet 2014
moi je pense aux aimants qu'il y a sous la terre
...c'est une vieille expression...qui date de l'occupation...et qui signifie que tout va bien...qu'il faut se servir du cadre...oui...pour ne plus en avoir besoin...ou pour mieux l'exploser...après des heures dans les tunnels...je remonte à la surface par un puits à échelons...à la surface justement...toute une ville de manèges...sous un grand ciel artificiel...des gens en goguette circulent sans émotions...dans le décor romantique...certains ont des code-barres dans le regard...d'autres la peau étiquetée...animaux téléguidés...enfants alloués...au signal...tout le monde se sépare...et regagne sa cellule informatisée...bref...au coin de la rue...à l'ombre des platanes...y a le fameux bus qui part pour les steppes...le vieux bus censé traverser 350 kilomètres de dépression très fertile...un autre monde...soi-disant désert...un lieu saint ou selon...un lieu de perdition...qui remédiera peut-être...à ce truc qui ne veut pas que je vive...et qui revient...régulièrement...je discute sous les arcades...avec Miroslaw...un travailleur itinérant gaulé comme un haltérophile...un tricératops dans chaque triceps...mais qui a bien galéré là-haut...dans le nord du pays...et qui a laissé femme et enfants...et qui est venu tenter sa chance...ici...pour que les choses s'améliorent...et qui me propose une bière...elle est pas chère...mais elle est très bonne...tu vas voir...par contre...garde ta canette dans le sac en papier...il me dit...les flics plaisantent pas avec ça...par ici...on trinque à la grandeur...qui ne déprécie pas autrui...rires tonitruants...enfin surtout lui...moi je sais pas trop faire...moi je pense aux aimants qu'il y a sous la terre...aux belles balades qui vont avec...
Libellés :
alloués,
bus,
code-barre,
dépression,
échelons,
enfants,
étiquetée,
fertile,
haltérophile,
informatisée,
itinérant,
Miroslaw,
platanes,
puits,
steppes,
téléguidés,
tonitruants,
triceps,
tricératops,
tunnels
Inscription à :
Articles (Atom)