mardi 6 mai 2014

le masque c'est moi

et puis j'ai loupé la correspondance
et puis mon père a fait semblant de mourir
et puis je suis revenu à Dunkerque
c'est plus beau quand c'est pas Noël
c'est plus beau quand y a personne
ni suce-boules ni mange-merde
ni le bruit de leurs petites affaires
en train de se faire sans bruit
janvier
il fait un froid de connard
et la zone d'aménagement différé
gangrène la vue la vie la vérité
la norme devient une faute grave
ça pue le revers de la médaille
le cul qui transpire sur le parquet flottant
où sont les copistes laïcs hein
ceux qui remettent en cause l'organisation
la voie officielle
la stratégie merdique qui se met en place
l'air de rien
besoin de rien
ou alors d'une émeute
ou alors d'une hôtesse sans rien dessous
qui me chevauche la moustache
en porte-à-fleur
en chair de poil
elle n'arrive pas à être heureuse
elle n'arrive pas à patienter jusqu'aux soldes
fœtus fardeau
finalement je vais garder ma couleur et 
la clef des champs planqué dans la gueule
et je vais sortir en loucedé par l'issue de secours
et me lancer dans le brouillard analgésique
et rencontrer les eaux lustrales du canal
et l'âme des arbres
et la peau tatouée du troupeau
et le sein des hommes
et le pénis des femmes
et l'herbe des rues
et le jeu qui fait grandir
le masque c'est moi
ça y est
les belles choses arrivent
et je ne suis même pas pressé
pâte à tartiner
icônes détournées
réflexe de survie
un seul mot d'ordre
faire danser le dieu dans mon esprit

1 commentaire:

  1. tu vois ce qui me séduit en vérité, c'est la poésie noire de ton humour.

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