adoptée à 5
émancipée à 15
elle n'a jamais connu son père
elle n'est jamais parti à sa recherche
elle a décidé une bonne fois pour toutes
que son père était Lemmy Kilmister
elle ne fait jamais la bise
jamais
et ne croit pas à l'astrologie
même si les trois mecs qui ont le plus compté dans sa vie
étaient tous trois du signe des gémeaux
elle est veuve
elle a trois enfants
trois garçons
et y a trois ans jour pour jour
elle a fait un infarctus
en portant un morceau d'avion
pendant une mission intérimaire
les seuls êtres vivants qu'elle n'a jamais envie d'engueuler
sont les chiens et les plantes
ainsi qu'une corneille à qui elle file tous les matins un bout de croissant
c'est tristouille ce soir
c'est vraiment tristouille
taxi jusqu'à la gare sous une pluie très très fine
elle enchaine clope-café-clope
adossée
à l'abri
la main droite sous son aisselle gauche
à s'abstraire dans les films que font les reflets
elle quitte Albi
elle a sa dose de crevards
son meilleur ami est devenu un gros enculé
non tu ne peux pas m'appeller maman
et non on ne peut pas baiser quand même
elle ne reviendra jamais dans cette région de merde
jamais
même Nancy c'est mieux
«Encore un qui se prend pour un génie de la littérature. Tchouss.» Alcôve House Revue
mercredi 26 août 2015
jeudi 20 août 2015
Clovis
tu le sais ça Capitaine
je t'apprends rien
le métro est piloté par un ordinateur
une fois
y a trois ans
il a freiné d'un coup sec sans prévenir
j'etais bourré normal
en train de chanter "Laissez-nous chanter" de Gold
tu dois connaitre si t'es de Toulouse
"Laisseeez-nous chanteeer
le peu d'amour qu'il nous resteeuh..."
et BAM
j'ai valdingué dans la rame
comme un gros sac de linge sale
moi et mon quintal de viande
contre une barre de maintien
résultat
triple fracture du complexe suspenseur supérieur
apparemment
c'est pas courant comme fracture
depuis c'est toute une histoire
pour moi
pour changer une ampoule
c'est joli la France hein
tous ces mélanges
les blancs les noirs les arabes les brésiliens
moi je viens d'une ville mono industrielle
d'une région où tu peux conduire très longtemps
sans jamais croiser personne
où chaque paysage correspond à un certain état d'âme
tu comprends ce que je veux dire Capitaine
je sais que tu comprends
du jour au lendemain
la richesse a tout empoisonné
et je me suis fait virer
trop de gueules de bois
trop d'engueulades
mon chef m'a dit
Clovis
il est grand temps que tu te prennes en charge
tiens regarde-le lui qui monte
c'est la première fois que je le vois
et pourtant je le reconnais de suite
lui aussi c'est un chef
faut pas lui demander comment ça va
ça va jamais
tout se confond et tout se ressemble
mais il y a forcément un autre chemin
j'emmerde Spinoza
je vais me vider quelques chopines Capitaine
tu te joins à moi ?
je t'apprends rien
le métro est piloté par un ordinateur
une fois
y a trois ans
il a freiné d'un coup sec sans prévenir
j'etais bourré normal
en train de chanter "Laissez-nous chanter" de Gold
tu dois connaitre si t'es de Toulouse
"Laisseeez-nous chanteeer
le peu d'amour qu'il nous resteeuh..."
et BAM
j'ai valdingué dans la rame
comme un gros sac de linge sale
moi et mon quintal de viande
contre une barre de maintien
résultat
triple fracture du complexe suspenseur supérieur
apparemment
c'est pas courant comme fracture
depuis c'est toute une histoire
pour moi
pour changer une ampoule
c'est joli la France hein
tous ces mélanges
les blancs les noirs les arabes les brésiliens
moi je viens d'une ville mono industrielle
d'une région où tu peux conduire très longtemps
sans jamais croiser personne
où chaque paysage correspond à un certain état d'âme
tu comprends ce que je veux dire Capitaine
je sais que tu comprends
du jour au lendemain
la richesse a tout empoisonné
et je me suis fait virer
trop de gueules de bois
trop d'engueulades
mon chef m'a dit
Clovis
il est grand temps que tu te prennes en charge
tiens regarde-le lui qui monte
c'est la première fois que je le vois
et pourtant je le reconnais de suite
lui aussi c'est un chef
faut pas lui demander comment ça va
ça va jamais
tout se confond et tout se ressemble
mais il y a forcément un autre chemin
j'emmerde Spinoza
je vais me vider quelques chopines Capitaine
tu te joins à moi ?
mercredi 5 août 2015
Djamel
il parle tout seul
Djamel en djellaba
en survêtement
en sketba
en mode schlag
mais classe
il creuse l'espace
il creuse sa vie
il creuse l'espace avec sa vie
à 11 heures du matin
à 49 ans
à prendre certaines libertés avec le Prophète
pendant la canicule
pendant le ramadan
rongé par la rue
cramé par la bière
à l'arrêt de bus
à laisser passer tous les bus
à taxer des clopes
merci frère
avant on disait cousin hein
avant on disait jardins ouvriers
maintenant on dit frère
maintenant on dit jardins familiaux
c'est comme ça
les anciens
il les respecte beaucoup beaucoup
il parle tout seul
Djamel
il parle d'un certain Fabrice
qui n'arrête pas de foutre sa merde
qui n'en a jamais marre d'embrouiller les gens
et qui lui a volé sa guitare
pourquoi il a fait ça
Fabrice
ce fils de chien
il sait pas en jouer de la guitare
Fabrice
c'est pas son monde la musique
putain
son truc à lui c'est la violence
il aime ça la violence
Fabrice
surtout quand il a bien tisé
surtout quand il a bien sniffé sa merde
et Djamel dit qu'il va lui faire une nouvelle cicatrice
à Fabrice
au cou
au couteau
et la tête au carré
et les deux yeux au beurre noir
que même ça lui fera un maquillage pour toute la vie
et que sa gueule à Fabrice
elle va ressembler à un tableau
il parle tout seul
Djamel en djellaba
en survêtement
en sketba
Djamel en djellaba
en survêtement
en sketba
en mode schlag
mais classe
il creuse l'espace
il creuse sa vie
il creuse l'espace avec sa vie
à 11 heures du matin
à 49 ans
à prendre certaines libertés avec le Prophète
pendant la canicule
pendant le ramadan
rongé par la rue
cramé par la bière
à l'arrêt de bus
à laisser passer tous les bus
à taxer des clopes
merci frère
avant on disait cousin hein
avant on disait jardins ouvriers
maintenant on dit frère
maintenant on dit jardins familiaux
c'est comme ça
les anciens
il les respecte beaucoup beaucoup
il parle tout seul
Djamel
il parle d'un certain Fabrice
qui n'arrête pas de foutre sa merde
qui n'en a jamais marre d'embrouiller les gens
et qui lui a volé sa guitare
pourquoi il a fait ça
Fabrice
ce fils de chien
il sait pas en jouer de la guitare
Fabrice
c'est pas son monde la musique
putain
son truc à lui c'est la violence
il aime ça la violence
Fabrice
surtout quand il a bien tisé
surtout quand il a bien sniffé sa merde
et Djamel dit qu'il va lui faire une nouvelle cicatrice
à Fabrice
au cou
au couteau
et la tête au carré
et les deux yeux au beurre noir
que même ça lui fera un maquillage pour toute la vie
et que sa gueule à Fabrice
elle va ressembler à un tableau
il parle tout seul
Djamel en djellaba
en survêtement
en sketba
vendredi 17 juillet 2015
lundi 13 juillet 2015
ACIDE CRITIQUE
Benoit Vallegra
Kristobalone
Heptanes Fraxion
Yan Kouton
Nicky Bilbao
Azylis de Nowhere
Jacques Cauda
Alain Fontaine
Jan Bardeau
Rémy C.
Alienor Oval
Perrin Langda
Antonin Sobel
Necro Mongers
Severine Castelant
Saïmon
Daniele Chaneac-Delamare
Louise Sullivan
Thierry Théolier
Jon Ho
Photomontage couverture : François Meunier
Pour toute information concernant l'un de ces auteurs envoyez un mail à :
jonathanferin@hotmail.com ou retrouvez les sur Facebook page ACIDE CRITIQUE
vendredi 3 juillet 2015
mercredi 1 juillet 2015
tant pis si c'est pour rien tout ça
beaucoup d'échecs au final
et si peu de réussites au final
le monde est tellement tellement moderne
les tempêtes font les rois
les tempêtes les défont
conversations inutiles au coin d'une table
avec des bouches contaminées par le bruit
des bouches qui se trompent sans brio
Rodolphe par exemple
moitié surfeur
moitié péquenaud
chaleureux et retors
à la coule
mais à fond dans la compétition
Rodolphe ne comprend pas que les gens qui n'ont pas d'enfant soient toujours en train de se plaindre
Rodolphe ne comprend pas non plus que les gens ne l'admirent pas un peu plus
Rodolphe ne parle que de lui en fait
parfois sans le savoir
ce que t'as pas fait avant 40 ans
il me dit
tu le feras pas après
il a 39 ans
moi 41
je décline la balade avec le chien
je décline les churros
je décline le feu d'artifice
mon esprit prépare déjà le chemin
le verger
le ravin
le morceau de pain
et l'exaltation qui va avec le renoncement
un renoncement si proche du désir
ni huées ni bravos
et la chance me sourit
et l'horizon me ressource
tant pis si c'est pour rien tout ça
ouais
tant pis si c'est pour rien
et si peu de réussites au final
le monde est tellement tellement moderne
les tempêtes font les rois
les tempêtes les défont
conversations inutiles au coin d'une table
avec des bouches contaminées par le bruit
des bouches qui se trompent sans brio
Rodolphe par exemple
moitié surfeur
moitié péquenaud
chaleureux et retors
à la coule
mais à fond dans la compétition
Rodolphe ne comprend pas que les gens qui n'ont pas d'enfant soient toujours en train de se plaindre
Rodolphe ne comprend pas non plus que les gens ne l'admirent pas un peu plus
Rodolphe ne parle que de lui en fait
parfois sans le savoir
ce que t'as pas fait avant 40 ans
il me dit
tu le feras pas après
il a 39 ans
moi 41
je décline la balade avec le chien
je décline les churros
je décline le feu d'artifice
mon esprit prépare déjà le chemin
le verger
le ravin
le morceau de pain
et l'exaltation qui va avec le renoncement
un renoncement si proche du désir
ni huées ni bravos
et la chance me sourit
et l'horizon me ressource
tant pis si c'est pour rien tout ça
ouais
tant pis si c'est pour rien
mardi 23 juin 2015
mercredi 10 juin 2015
métaphores et coups de pieds fouettés
une excellente mémoire
mais quasiment aucun souvenir d'enfance
à ce stade
toutes les hypothèses sont possibles
des fois c'est la chaleur
des fois c'est la fatigue
des fois c'est l'instrumentalisation de la justice
à des fins politiques
des gens se morfondent chez eux
jouant à des jeux au lieu de renouer
avec le fruit frais des forêts
ou le grain si fin des averses venues d'Allemagne
ils ont toujours raison
s'ensuit toute une série de péripéties
un chevreuil
un poids lourd en panne
et un peu plus au nord
au km 179
prés de la bretelle de liaison
une personne qui se met en danger
à force d'engueuler le bruit
elle finit par se disputer avec le silence
métaphores et coups de pieds fouettés
passque tout plaquer la brûle
passque tout plaquer
la brûle
mais quasiment aucun souvenir d'enfance
à ce stade
toutes les hypothèses sont possibles
des fois c'est la chaleur
des fois c'est la fatigue
des fois c'est l'instrumentalisation de la justice
à des fins politiques
des gens se morfondent chez eux
jouant à des jeux au lieu de renouer
avec le fruit frais des forêts
ou le grain si fin des averses venues d'Allemagne
ils ont toujours raison
s'ensuit toute une série de péripéties
un chevreuil
un poids lourd en panne
et un peu plus au nord
au km 179
prés de la bretelle de liaison
une personne qui se met en danger
à force d'engueuler le bruit
elle finit par se disputer avec le silence
métaphores et coups de pieds fouettés
passque tout plaquer la brûle
passque tout plaquer
la brûle
mardi 9 juin 2015
samedi 6 juin 2015
Norbert
52 ans
il sort du taf Norbert
avec sa prime de nuisance
avec les risques psychosociaux qui vont avec
un peu hébété quand même
thorax étrangement chaud
pour quelqu'un qui n'a presque pas bu
pour quelqu'un qui ne se sent presque plus valable
il traverse les rues colonisées par le sucre et l'euphorie
fête de chais-pas-quoi
victoire de chais-pas-qui
les nuiteux les gros nazes
les relous les bosseurs
les noceurs
les petits malins porteurs de menaces
s'amusent déjà à se détruire
s'abimant dans la quantité
en attendant de se soulager les moeurs
52 ans
il a fini par le trouver Norbert
son coin tranquille
sa cage de plein air
son creux poplité
au bord du fleuve
il ne s'inquiète plus de rien
ni du soi-disant secret du monde
ni de vers où partir après
techniques sauvages
echos merveilleux
parfois c'est bien
de prendre de l'âge
il sort du taf Norbert
avec sa prime de nuisance
avec les risques psychosociaux qui vont avec
un peu hébété quand même
thorax étrangement chaud
pour quelqu'un qui n'a presque pas bu
pour quelqu'un qui ne se sent presque plus valable
il traverse les rues colonisées par le sucre et l'euphorie
fête de chais-pas-quoi
victoire de chais-pas-qui
les nuiteux les gros nazes
les relous les bosseurs
les noceurs
les petits malins porteurs de menaces
s'amusent déjà à se détruire
s'abimant dans la quantité
en attendant de se soulager les moeurs
52 ans
il a fini par le trouver Norbert
son coin tranquille
sa cage de plein air
son creux poplité
au bord du fleuve
il ne s'inquiète plus de rien
ni du soi-disant secret du monde
ni de vers où partir après
techniques sauvages
echos merveilleux
parfois c'est bien
de prendre de l'âge
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