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samedi 8 février 2014

litanie

même tes amis te jugent
et dormir ne sert à rien
dieu triomphe toujours 
dieu en tant qu'algorithme
4 h 47 la gamberge se termine enfin
il est temps de tracer
l'aube l'iode la peau en tant qu'arme blanche
le type enfile sa veste robuste
la tronche encore froissée
y a toujours cette pierre au dessus de lui
et c'est pas une pierre normale
il regarde par la fenêtre de sa chambre
avec vue sur que dalle
ouais il est grand temps de tracer
les flèches de l'été indien l'ont conduit jusqu'ici
la litanie le sud
et cette petite ville maussade
et cette petite ville au bord de la merde
et cette jolie petite ville à la réputation internationale
qui a toujours su prendre soin de la fiscalité
de ses rois de ses artistes 
de ses sportifs les plus fameux
ouais vraiment temps de tracer
il passe devant le cimetière
il passe devant le camping municipal
leur trouve quelques similitudes
à la boulangerie du coin
il s'achète de quoi se restaurer
un truc frugal mais chaud
avec une finesse de mouvement incroyable
le ciel s'est soudain agrandi
qui paye sa tournée de rosée
le long du canal d'irrigation 
le type chope dans sa besace
son avant-dernière canette noire et dorée
et la craque en trinquant à la bonne nouvelle
l'arrivée officielle de l'automne
et puis le rire des corbeaux

dimanche 26 janvier 2014

l'amour n'existe pas mais les femmes oui

dire que cet enthousiasme là qui me vient
je ne sais même pas d'où ça vient mais c'est bon putain

ça me sort de partout et ça me sert surtout

à emballer tous les mauvais sorts en un seul
leur linceul
et à jouer au foot avec

ça me sert aussi à tuer ce quelqu'un dans ma tronche

ce quelqu'un qui veut ma peau depuis le début la soirée
ce quelqu'un pour lequel il n'y a pas de cercueil

ouais ça va aller

l'amour n'existe pas mais les femmes oui
même si ce soir le contraire m'arrangerait
mais c'est juste passque je suis en colère
mais c'est juste passque je suis amoureux 

vendredi 24 janvier 2014

un déclic à l'ouverture

à partir de là
un autre spectacle commence
les oiseaux ont toujours bon goût
qui savent parfaitement reconnaître
la couleur des graines qui soignent
et la vase et la lave 
la peau fine et parfumée 
la terre ferme des archipels
mais c'est comme ça
mais c'est comme tout
au bout de quelques heures
on se lasse de tout
de la radio
de la station debout
ici heureusement
c'est le soleil qui commande
procédé chimique complexe
et il dit quoi le soleil
il dit temps mort
il dit que c'est l'heure du casse-croûte
du riz des haricots de la viande
et de la micro-sieste loin de la route
un banc une mare
un déclic à l'ouverture
j'ai presque 50 ans et je jouis de la vue

lundi 13 janvier 2014

qu'il fasse nuit et puis qu'il pleuve

qu'il fasse nuit en sortant du travail 
et puis qu'il pleuve
c'est trop bon
de conduire sous la pluie 
et qu'il n'y ait presque plus personne sur la route
c'est trop bon

que la route fasse des vagues
que la route brille comme la peau d'un épaulard
c'est trop bon

d'être un peu soûl 
d'être content
d'être un peu con
c'est trop bon

d'avoir ton parfum sur mes fringues 
et la zique de Lisa dans le baladeur
c'est trop bon

et cette impression de ne pas trop subir
c'est trop bon aussi
cette impression qui éclaire ma tête comme la foudre la forêt
ma tête chaude comme tes seins sont chauds
quand le vin les réchauffe et que ton fou rire les remue
c'est trop bon


Lisa Germano en 2005 avec mon pote Hugues

mercredi 1 janvier 2014

ici c'est bien

ici c'est bien
tellement bien que je fais la gamine
dans les résidences sous videosurveillance
tellement bien que je commence à sentir le bar-tabac
et non plus les conversations fétides de mes proches
tellement bien que je ne me défends plus de rien
même pas d'être un peu trop salope
même pas de faire attention à ne pas trop t'aimer
tu le sais toi,pourquoi je fais toujours ça ?
pourquoi tout ce qui est beau j'arrive pas à le parler
excepté quand des cocktails phosphorescents m'électrisent dans la piscine
ma putain d'envie de toi c'est tout ce que tu veux mais c'est pas romantique
excepté quand je t'évoque en remuant mes pieds
sous la table de la cuisine ...
penses-tu à bien fermer la porte ?
mets-tu les volets à l'espagnolette ?
es-tu prés de moi alors que ma peau t'échappe ?
dans les toilettes fortifiées par le frais et par le calme
je relis ce que tu m'as écrit
et je me demande de quelle tranchée ça vient
et je te cherche sous des nuages épais comme des éléphants
et je veux encore des nuits blanches où tu me perces à jour manu militari
et je veux encore des dimanches pourris à faire des cabanes sur le lit
et je veux encore te souffler de l'eau de mer dans les bronches
jusqu'à te couper le souffle
jusqu'à te faire rêver la tronche
beaucoup passionnément
et t'embrasser tu sais comment
jusqu'à la dernière goutte