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mercredi 12 avril 2017

la petite cinquantaine

la bouffe t'a déçu 
pas le vin
tu ne sais pas si tu es complètement défoncé
ou totalement serein
rhapsodie dans les rues où les nuages continuent de traîner

il fait nuit

tu as vieilli
tu as pris du bide
tu as beau collectionner les couteaux 
tu ne supportes pas la violence
sauf dans les films
surtout si ça se passe en Corée du Sud et qu'il y a des femmes à poil
tu sais réparer tout un tas de choses 
mais ce soir ça va pas t'aider

t'es un genre d'inspecteur sans enquête toi

ou alors enquêtant sur lui-même sans même le savoir 
ton cerveau a l'air de se décongeler depuis quelques mois
des trucs te reviennent 
des trucs qui doivent rester dans la famille 
des trucs que subissent parfois les petits garçons 

brouillard dans ta barbe

brouillon dans ta tronche

mercredi 15 avril 2015

présences sacrées

l'âge d'or
il a su qu'il l'avait connu ça quand tout était bien fini
que tout le monde était un peu mort sur la photo

il s'appelle Marteau
son prénom m'échappe
un bon gars tatoué de partout
très vif très maigre
qui bosse à la mairie
qui n'aime pas le foot
qui ne se persuade pas d'hypothèses
qui les trouvent chiants les vieux de son âge

bac à graisse
désenfumage
sous-sol
jambon
fromage
tous les jours c'est la même chose

il remarque des trucs que personne ne capte
des minutes de soleil en plus
ou bien des points de vie en moins
des murs invisibles
des murmures dans des rues quasiment vides
il dit qu'en fait
c'est ptêt eux les nuages
qui nous regardent passer
présences sacrées

vendredi 22 août 2014

une nouvelle vie avec vue sur le terrain vague

une nouvelle vie
une nouvelle vie
avec vue sur le terrain vague
pas loin
la rocade murmure comme la mer
des insultes des prières des poèmes
toutes sortes de mascarades
l'horizon fume
où le soleil se baigne
stade de rugby
station d'épuration
c'est par là aussi
qu'arrivent toujours les nuages
j'ai remarqué
et la brume
et les effluves
et tous ces trucs bien visibles
et pourtant intangibles
les heures perdues
les bruits quasiment vides
madriers machines
dans une ville sans rue
dans des rues sans nom
des prisonniers regardent des ombres
et réciproquement

mercredi 19 mars 2014

mots clefs n°27

de l'allant de l'allure
minute par minute
l'univers se rénove 
incontestablement 
la saison n'est pas finie
comme l'explique très bien Pierre-Jean
l'ancien champion
qui travaille à sa pérennité
à l'abri dans son bureau
...postures idéologiques
...jeux olympiques 
trafic & risotto
quand je rêvasse avec Lidia 
l’essentiel s’impose
dans un fauteuil cabriolet
...whisky sans glace
...whisky de fond
existe aussi en violet

mardi 18 mars 2014

ma maison m'attend partout ce soir

ma maison m'attend partout ce soir
mais surtout pas chez toi
mais surtout pas chez moi
la vie est parfois comme ça
le gouvernement dément
la question fait débat
la tension monte d'un cran
le phénomène se banalise
la moitié des Français se dit choquée
les habitants se mobilisent
les experts le confirment
l'espoir renaît
plusieurs hypothèses sont émises
les contrevenants s'exposent
les pouvoirs publics sont alertés
des travaux s'imposent
la municipalité décline
les avis sont partagés
les partenaires sociaux s'indignent
le corps a été retrouvé 
les nuages arrivent par la frontière
Nathalie baille et le bilan s'alourdit 
à part ça il pleut comme tous les mercredis
et les filles sont trop chiantes
et les mecs sont trop cons
et rien ne se passe quand tout est possible
et rien ne se passe quand tout est prévu
et rien ne se passe
la vie est parfois comme ça
ma maison m'attend partout ce soir
mais surtout pas chez toi
mais surtout pas chez moi

mercredi 1 janvier 2014

ici c'est bien

ici c'est bien
tellement bien que je fais la gamine
dans les résidences sous videosurveillance
tellement bien que je commence à sentir le bar-tabac
et non plus les conversations fétides de mes proches
tellement bien que je ne me défends plus de rien
même pas d'être un peu trop salope
même pas de faire attention à ne pas trop t'aimer
tu le sais toi,pourquoi je fais toujours ça ?
pourquoi tout ce qui est beau j'arrive pas à le parler
excepté quand des cocktails phosphorescents m'électrisent dans la piscine
ma putain d'envie de toi c'est tout ce que tu veux mais c'est pas romantique
excepté quand je t'évoque en remuant mes pieds
sous la table de la cuisine ...
penses-tu à bien fermer la porte ?
mets-tu les volets à l'espagnolette ?
es-tu prés de moi alors que ma peau t'échappe ?
dans les toilettes fortifiées par le frais et par le calme
je relis ce que tu m'as écrit
et je me demande de quelle tranchée ça vient
et je te cherche sous des nuages épais comme des éléphants
et je veux encore des nuits blanches où tu me perces à jour manu militari
et je veux encore des dimanches pourris à faire des cabanes sur le lit
et je veux encore te souffler de l'eau de mer dans les bronches
jusqu'à te couper le souffle
jusqu'à te faire rêver la tronche
beaucoup passionnément
et t'embrasser tu sais comment
jusqu'à la dernière goutte