mercredi 18 juin 2014

kairos

...c'est une aubaine...l'air chaud n'a jamais été aussi large et riche en graisse...sillonné...patrouillé...le ciel est plein au ras de la boue...au dessus des eaux...les oiseaux bouillent...à la recherche du bon moment...surélévation dans la partie occidentale...couleurs insensées...effets minutés...il fait meilleur d'un coup...bien meilleur que ces derniers jours...escale...et rendez-vous avec des créatures dans l'intervalle... 

dimanche 15 juin 2014


travailleur précaire

le parcours te connait par cœur
c'est traîner en ville
c'est toujours tout droit
c'est tourner en rond 
c'est toujours par là que tu vas
au bout de ce faubourg 
qui sent la pluie et le cramé
le chenil la machine
le papier mâché
détruire casser
ils pensent qu'à ça
la matraque
ils comprennent que ça
bonne soirée
bon appétit
bonne année
et joyeux anniversaire à tout le monde
dans le troquet
qui fait angle
la lumière fait des plaques
écran plasma
football anglais
payer pour ça
tu trouves ça normal
y a trois pelés
et un tondu
toujours les mêmes
qui tapent la discute
et qui se jaunissent
et qui s'échangent du tabac
lui il fait trop sa tapette
lui il fait trop son papa
un de ces quatre
je vais lui rentrer dans la bouche
il va pas comprendre
sale mentalité en plus
elle était très sympa avec moi
autrefois Yaëlle
maintenant elle ne me regarde pas
maintenant elle m'analyse
et ils disent 
y a de quoi péter un câble hein 
ou bien ils disent
mais y a rien là putain
41 ans
travailleur précaire
divorcé deux fois
tu prends appui
tu remets ta parka
d'aussi loin que tu te souviennes
faire partie
t'a toujours fait partir
c'est comme ça

samedi 14 juin 2014


il ne se passe rien mais je ne m'ennuie pas

il ne se passe rien mais je ne m'ennuie pas
le soleil va vers le vide
je suis bien là
comme si j'étais très loin
comme si j'étais tout seul
comme si j'étais chez moi
la vie en caravane me recharge le cœur
me berce le bide me donne à réfléchir
documente mon scepticisme
je suis bien là
je m'amuse avec les stéréotypes autant que faire se peut
je profite un peu de la fenêtre météo
de l'insuline de l'air sublime qui passe soudain sur l'île
du graphisme étrange des arbres
des grands oiseaux inquiets
des grands oiseaux tranquilles
hein?
ouais
le créneau est parfait
je suis bien là
je continue d'aimer tout en continuant à me méfier
et je revisse mes yeux rincés dans les sérums limpides
servis par la verdure juste au moment du crépuscule
et mes oreilles ont soif aussi que j'étanche aussitôt à la source
qui paye toujours en liquide
ça veut dire que la musique remplit l'espace de toute sa classe
ça veut dire ferveur
ça veut dire fragilité
ça veut dire jolies sensations au niveau du scrotum
ça veut dire que je sais maintenant
que je n'aurais ni le loisir ni le temps
de choisir la couleur de mon slip
quand le Seigneur me rappellera à ses côtés
liberté de mouvement coton extensible
je suis bien là
les pâtes sont en train de cuire
les paradoxes sont en train de m'instruire
comme d'habitude les seules promesses que je tiens
sont celles que je ne fais pas
il ne se passe rien mais je ne m'ennuie pas
le soleil va vers le vide
je suis bien là




Réalisation:Jan Bardeau.
Illustration:Vince Larue

12x17 cm,70 pages.

vendredi 13 juin 2014

en attendant d'aller au vin

en attendant que les carcasses de baleines en pourrissant à la surface
finissent par fertiliser le fond des abysses ...


en attendant d'aller au vin et d'oublier l'inoubliable
mais pas le méchant penchant qui me tient en équilibre... 


en attendant de me marier avec la nuit qui pue et qui sent bon
et que la lune allume la lame de mon couteau
et que la lame de mon couteau m'indique la bonne direction à suivre
même si ce n'est pas forcément celle que je préfère ...


en attendant je t'écris du quartier que tu sais
où l'adrénaline pousse qui fait crier
et moi je crie et moi je pense à toi
à ce que vaut mon indépendance quand je ne suis pas avec toi...

jeudi 12 juin 2014

myriade

...leurs envergures aux côtés du soleil...et une myriade de vergetures en plein ciel...à 60 km au nord...90 jours après...sur la terre ferme...des vestiges escarpés et des vertiges au milieu d'anciens vergers...en inclinant légèrement ma tête de rescapé...je me prends l'été retentissant...poitrail garni...fine enveloppe...une source précieuse de calcium...pour supporter les autres...et l'air de rien...bordel de merde...refuser la conversion... 


mardi 10 juin 2014

mots clefs n° 31

c'est une épreuve initiatique
mais c'est aussi une farce
un drôle d'événement quoi
à un moment donné
tout le monde se retrouve en sous-vêtements
jeunettes en chaleur & vieilles salopes
à un moment donné
tout le monde dit la même chose
celui qui a vu des loups
celui qui a volé ses patients
celui qui a blessé un handicapé
celui qui a poussé mamie dans les orties
ils se font des films
ils sont émus
ils se touchent le kiki
ils cherchent un coupable
et continuent d’obéir
à la banque
à la poste
à la station-service
Allah est grand
à l'heure de l'apéro





qui ça déjà ?

Alice les trouve beaux les acteurs hollywoodiens
car malgré leur beauté on peut quand même leur faire confiance
Alice est psychopathologue c'est pas une maladie 
c'est une profession

Alice s'acharne à me prouver que l'amour inexprimé n'existe pas

que si elle me quitte c'est bien pour ça
et que même c'est bien fait pour ma gueule

Alice voudrait que je souffre autant qu'elle

mais elle ne m'aime pas assez pour ça
d'ailleurs à son regard de biche carnivore
je vois bien qu'elle ne me voit plus
peut-être passque je ne suis ni beau ni honnête mais c'est pas sûr

si seulement elle ne pouvait plus confondre 

castratrice et casse-couilles
ben elle pourrait rendre encore plus magistraux 
ses cours magistraux

et dehors il pleut des cordes en plein soleil


et dehors il pleut des cordes en plein soleil