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mercredi 4 avril 2018

binôme (à Nathalie)



cabriolets que nos têtes en bord de mer
bouteilles à la merde sous l'influence de la lune
plutôt que de faire l'arbre
on badine à mort
et tu as failli louper ton train
et tu as presque couru

silence habité
le temps de renouveller nos peaux de mammifères qui se souviennent de trop de choses
silence habité
le temps de remplacer tous ces trucs inexorables par beaucoup mieux c'est-à-dire par n'importe quoi d'un peu improbable 

chaleur des mots
chaleur des mots qui prennent chair
patates et saucisses pour aller aux jolis mots sales de l'amour

on les fait revenir à feu doux
les yeux

on les fait revenir
mangeailles dans le cou de nos souffles coupés

tu es trop chou comme garce je trouve
j'aime bien te faire crier je crois
comme j'aime bien que tu me l'enlèves de la bouche
l'aurore
comme j'aime bien que tu me la remettes dans la bouche
l'aurore
bénis nos doigts qui nous peaufinent
sacrée la natation dans nos nids où nos raies se lavent
et puis vagues de nos ventres quand la joie nous allège 

vagues de nos ventres tandis que le soleil nous télescope exprès afin de nous regarder mieux 
exprès afin de nous mieux regarder

vin
vue
voix
les bonnes nouvelles ont retrouvé nos adresses mais c'est toujours l'errance qui nous héberge

et on continue à creuser le poème
l'espoir c'est vraiment pour les connards
et on continue à creuser le poème
guerre des oiseaux aussi cons que des hommes
et on continue à creuser le poème

à dire chien pour la langue
à dire chien pour la salive
à dire doux baisers binôme

mardi 6 mars 2018

les ronces

que les ronces vont vite
que les oiseaux savent toujours quand il va pleuvoir
que jadis les oiseaux étaient moins farouches
que c'est un bien joli mot ça jadis
les grues les palombes les buses les mésanges industrieuses
qu'il ne s'ennuie jamais à les observer
que c'est eux les oiseaux les vrais dieux
à nous instruire
à nous nourrir
que la lune souvent pèse sur ses rêves
surtout au printemps
surtout en automne
qu'il se réveille parfois la nuit
qu'il ne sait très plus bien où il est
qu'il pense à la mort
qu'il se sent étouffé
que les fourmis noires se réchauffent avec lui au soleil
que les ronces vont vite
plus vite que les vignes
que la terre est brûlante en été

que la terre est brûlante
qui sèche les fleurs
que les abeilles veulent l'embrasser
que sa seule amie est en voyage depuis deux mois chez son fils en Polynésie
que lui il ne s'est jamais marié
que c'est long deux mois
que c'est loin la Polynésie
que c'est comme ça
que la peau épaisse des plantes potagères annonce un hiver rude
que les nuages esquivent les pylônes
que les nuages viennent crever sur la colline
qu'il a évité de justesse la pluie
que le thé le requinque
que l'eau-de-vie aussi même s'il n'a plus trop le droit
que les jours rallongent
que sa vie raccourcit
qu'il peut plus rien faire sans fatiguer son coeur
que c'est comme ça
que les ronces vont vite

vendredi 13 juin 2014

en attendant d'aller au vin

en attendant que les carcasses de baleines en pourrissant à la surface
finissent par fertiliser le fond des abysses ...


en attendant d'aller au vin et d'oublier l'inoubliable
mais pas le méchant penchant qui me tient en équilibre... 


en attendant de me marier avec la nuit qui pue et qui sent bon
et que la lune allume la lame de mon couteau
et que la lame de mon couteau m'indique la bonne direction à suivre
même si ce n'est pas forcément celle que je préfère ...


en attendant je t'écris du quartier que tu sais
où l'adrénaline pousse qui fait crier
et moi je crie et moi je pense à toi
à ce que vaut mon indépendance quand je ne suis pas avec toi...

dimanche 1 juin 2014

mots clefs n° 30

zigzag & mauvaise pente
un peu de bon sens merde
il est où Rodolphe
il cherche une femme
il cherche un appartement
il cherche une salope sur Mulhouse
un peu comme sa belle-sœur
qui est plus ou moins alcoolique
qui est plus ou moins nymphomane 
et que tout le monde croit mytho
et que personne ne sait victime
et qui insulte les gens maintenant
en bagnole
au boulot
à tout bout de champ
sous la lune là
qui fait tanguer la gueule de bois
des soldats et des animaux
des vampires japonais
...besoin irrépressible
...déplacement sans utilité
c'est le bon moment ouais
pour passer à autre chose




samedi 19 avril 2014

mots clefs n°28

à Toulouse
le 12
à telle heure
à travers les grilles 
on devine la ville
la lingerie magnétique
les particules fines
la chair en chaleur
quand elle n'est pas malade
...et un jouet qui parle 
...et une vie qui bloque
une histoire érotique
avec une veuve
un rituel magique 
avec un pigeon blanc
strass & dentelle
sublime salope
son prénom signifie "lune"



mercredi 1 janvier 2014

errer me muscle

mon rasoir c'est mon peigne
mon cafard c'est mon chien
ma fiancée c'est ma main
ma gueule c'est une gare
ma femme c'est une garce
mon hamac c'est le tarmac
mon blog c'est mon jardin
mon bureau c'est ma besace
mon voisin c'est un nain
ma télé c'est la fenêtre
mon canapé c'est un canoë
ma collègue c'est une catin
ma maison c'est une prison
mon cousin c'est un fion
cette fille c'est un garçon
et zéro c'est pas rien
et zéro c'est pas rien
Heptanes Fraxion c'est mon nom
ouais
et errer me muscle

mes cheveux c'est mon bonnet
le couple c'est la corvée
la lune c'est mon soleil
mon parebrise c'est un écran plat
le brouillard c'est un film noir
ce parking c'est un lac
ce banc c'est un bar
l'espoir c'est du feu
l'air c'est de la beu
l'ennui c'est un jeu
mon père c'est mon père
le champagne c'est de la bière
le vin c'est un vaccin
la ville c'est une île
l'hypocrisie c'est de l'huile
ce garçon c'est une fille
et zéro c'est pas rien
et zéro c'est pas rien
Heptanes Fraxion c'est mon nom
ouais
et errer me muscle