moi aussi j'ai été un bouffon alcoolique
mais cette fois-ci
je ne m'automutilerai pas
ivre-mort sous la pluie
un doigt dans la plaie
à faire de la peinture avec mon sang
dans un champ vierge de tout décor
au pire
pour me venger
j'essuierai mon sexe sur la joue de ta soeur
pas besoin non plus de péter des trucs avec les délinquants pendant les manifestations
la violence de l'état envers les plus démunis
je connais
l'industrie qui nous prend pour ses peluches
je connais
quand j'ai trop mal je prends ça
du recul du bon matos
rituel en attendant que la lumière me retrouve
nuage de douceur
entre l'os de mon crâne et celui de mon derche
c'est bizarre
c'est bizarre mais ça me plait
y a un truc de bien sinon au cinoche ?
«Encore un qui se prend pour un génie de la littérature. Tchouss.» Alcôve House Revue
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vendredi 19 décembre 2014
dimanche 10 août 2014
sur la Costa chais-pas-quoi
sur la Costa chais-pas-quoi
on mange on boit
on rigole bien
et on est même remercié pour ça
ça sent le vieux pet par ici
ça sent la solidarité
je croyais que tout le monde s'en foutait
mais non
un cas social lit des textes
dans une salle prêtée par la mairie
un escogriffe raconte des histoires
avec ses doigts
avec l'autre type là
un handicapé un peu bourré
qui cherche magnifiquement ses mots
et qui magnifiquement les trouve
ombres chinoises
monologue à deux
la bouche le cul
c'est pas ça
non c'est pas ça
c'est autre chose
c'est l’âme qui interfère
dans le moindre truc
et c'est chiant des fois
poèmes au comptoir
émission de radio dans la lumière tamisée
c'est comme ça
que l'état protège son image
ça devrait pas mais c'est comme ça
que l'état se protège du citoyen lambda
je suis prof de math
et je vous souhaite le meilleur
on mange on boit
on rigole bien
et on est même remercié pour ça
ça sent le vieux pet par ici
ça sent la solidarité
je croyais que tout le monde s'en foutait
mais non
un cas social lit des textes
dans une salle prêtée par la mairie
un escogriffe raconte des histoires
avec ses doigts
avec l'autre type là
un handicapé un peu bourré
qui cherche magnifiquement ses mots
et qui magnifiquement les trouve
ombres chinoises
monologue à deux
la bouche le cul
c'est pas ça
non c'est pas ça
c'est autre chose
c'est l’âme qui interfère
dans le moindre truc
et c'est chiant des fois
poèmes au comptoir
émission de radio dans la lumière tamisée
c'est comme ça
que l'état protège son image
ça devrait pas mais c'est comme ça
que l'état se protège du citoyen lambda
je suis prof de math
et je vous souhaite le meilleur
samedi 7 juin 2014
une silhouette de feu
grand genre et petits moyens
genre
fitness & PMU
une silhouette de feu
un pauvre truc fluo
dans les cheveux
un petit haut rose
un pantalon moulant
bien trop moulant
au bon endroit
l'endroit qui brûle
et les fameuses chaussures montantes
les chaussures à la mode
les chaussures à talon
les chaussures qui ont fait le tour du monde
et qui coûtent le prix d'un œil
et qui sont grises de crasse
et qui lui vont pas du tout
passqu'elle est toute petite
attraction
répulsion
tout l'agace
en permanence
tout l'agace
la pluie
le vent
les gens du voyage
les gens sur la route
qui vont à la messe
ou qui font leurs courses
les autocollants "bébé à bord"
les petits vieux qui marchent trop lentement
c'est une petite ville
et tout se sait
et tout finit par se savoir
les trois grammes de cocaïne par semaine
et les dettes qui vont avec
et son cul qu'elle vend
dans des bagnoles
dans la gueule du loup
à plat ventre
à genoux
au plus offrant
qui est souvent
le premier venu
et son mari qui enchaîne les heures sup'
pendant ce temps
sur les chantiers
les jours fériés
chez les bourgeois
et sa mère qui garde les enfants à la maison
les enfants qui ont d’ailleurs
de gros problèmes de développement
et les dealers qui traînent autour
et les dealers qui la relancent
toujours
tout le temps
une silhouette de feu ouais
et un visage de radasse
genre
fitness & PMU
une silhouette de feu
un pauvre truc fluo
dans les cheveux
un petit haut rose
un pantalon moulant
bien trop moulant
au bon endroit
l'endroit qui brûle
et les fameuses chaussures montantes
les chaussures à la mode
les chaussures à talon
les chaussures qui ont fait le tour du monde
et qui coûtent le prix d'un œil
et qui sont grises de crasse
et qui lui vont pas du tout
passqu'elle est toute petite
attraction
répulsion
tout l'agace
en permanence
tout l'agace
la pluie
le vent
les gens du voyage
les gens sur la route
qui vont à la messe
ou qui font leurs courses
les autocollants "bébé à bord"
les petits vieux qui marchent trop lentement
c'est une petite ville
et tout se sait
et tout finit par se savoir
les trois grammes de cocaïne par semaine
et les dettes qui vont avec
et son cul qu'elle vend
dans des bagnoles
dans la gueule du loup
à plat ventre
à genoux
au plus offrant
qui est souvent
le premier venu
et son mari qui enchaîne les heures sup'
pendant ce temps
sur les chantiers
les jours fériés
chez les bourgeois
et sa mère qui garde les enfants à la maison
les enfants qui ont d’ailleurs
de gros problèmes de développement
et les dealers qui traînent autour
et les dealers qui la relancent
toujours
tout le temps
une silhouette de feu ouais
et un visage de radasse
vendredi 10 janvier 2014
un grand merci au petit requin à bosse
lorsque j'invite une copine à venir
boire le café
et que je n'ai ni copine ni café
et qu'en plus je n'ai pas de tête
et qu'en plus je n'ai pas de cul
et que même tout nu je suis mal
fringué
et que je suis sensible comme un
quartier
et que j'entends une femme jouir à
travers la VMC
et que je m'emmerde encore à lire du
Philip K Dick
et que je fais encore du stop devant un
hôpital psychiatrique
et que tous mes rêves sont des jardins
en ruine qui donnent sur le vide
ben je ne me sens ni utile ni agréable
dans ce monde de douleurs ...
alors je repense au petit requin à
bosse
le petit requin à bosse qui est très
fort
pour changer la merde en chocolat
et alors je dépanne le clochard du
coin
celui qui dessine tout le temps des
vélos volants
et alors je me laisse rafraîchir par
le rire des enfants
et alors je mate la voisine qui arrose
en string rose
ses rangées de tomates et son massif
de roses
et alors je discute avec le mec du rez
-de- chaussée
qui ne discute jamais avec personne
et alors je retombe sur un bouquin de
Marc Behm
et alors je prends le risque de ne plus
me faire chier
et avec cette devise je deviens d'un
coup très riche
riche comme le Grand Éric qui pourtant
ne peut rien acheter ...
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