«Encore un qui se prend pour un génie de la littérature. Tchouss.» Alcôve House Revue
lundi 17 juillet 2017
Rose
elle s'appelle Rose
elle a 42 ans
son père était un gros fan de Bruce Springsteen et de Claude Nougaro
son père était un gros fan de westerns
son père était gros
son père était réticent à l'idée qu'elle entreprenne des études de journalisme à Bordeaux ou bien à Lille
son père voulait absolument qu'elle se marie
avec le fils Bernardi
Rose
sa mère lui tirait régulièrement les cartes pour lui faire passer des messages
son beau-père a toujours voulu la rendre célèbre
son beau-père a toujours voulu lui faire le cul
autant dire que Rose n'attend pas grand chose de la société
surtout pendant les vacances
elle préfère la solitude
ou bien la chaleur des petites fesses des fleurs
et les petits corps
et les grosses têtes des femmes sexy qui parfument leurs bouches en tétant leur soupe sucrée
oui ses goûts ont souvent posé problèmes
murs dans toutes les directions ou bien
horreur du système qui refuse le conflit
le mouvement n'implique pas forcément le changement
révélation qui l'asphyxie en la remontant à l'air libre
elle n'a pas encore mangé
elle n'a pas encore demandé le divorce
trop brune
trop maigre
elle ovule tranquille entre les baraques
dans les rues vides où les étoiles sont des fruits
giratoire dans le ciel
verres de vin et petit pétard
pour y voir plus clair ce soir
va falloir que quelque chose brûle
elle a 42 ans
son père était un gros fan de Bruce Springsteen et de Claude Nougaro
son père était un gros fan de westerns
son père était gros
son père était réticent à l'idée qu'elle entreprenne des études de journalisme à Bordeaux ou bien à Lille
son père voulait absolument qu'elle se marie
avec le fils Bernardi
Rose
sa mère lui tirait régulièrement les cartes pour lui faire passer des messages
son beau-père a toujours voulu la rendre célèbre
son beau-père a toujours voulu lui faire le cul
autant dire que Rose n'attend pas grand chose de la société
surtout pendant les vacances
elle préfère la solitude
ou bien la chaleur des petites fesses des fleurs
et les petits corps
et les grosses têtes des femmes sexy qui parfument leurs bouches en tétant leur soupe sucrée
oui ses goûts ont souvent posé problèmes
murs dans toutes les directions ou bien
horreur du système qui refuse le conflit
le mouvement n'implique pas forcément le changement
révélation qui l'asphyxie en la remontant à l'air libre
elle n'a pas encore mangé
elle n'a pas encore demandé le divorce
trop brune
trop maigre
elle ovule tranquille entre les baraques
dans les rues vides où les étoiles sont des fruits
giratoire dans le ciel
verres de vin et petit pétard
pour y voir plus clair ce soir
va falloir que quelque chose brûle
mardi 27 juin 2017
turfiste
ton amour des plans foireux n'est plus à prouver
tes passions t'ont rarement mené au bonheur
tes certitudes non plus remarque
tous les jours
c'est bataille contre le pain sec
tous les jours
c'est bataille contre le lait froid
tous les jours
c'est bataille contre la résignation
et l'étuve
et l'abîme
t 'es pas violent mais t 'as l'énergie imprévisible des enfants battus qui sont devenus des écorchés doux
tu regardes le feu qui tombe du ciel
tu observes l'indolence avec laquelle la buse variable chasse les micromammifères
tous ces trucs de mec contemplatif
journée à
13787 pas
c'est parfait
c'est parfait mais faut tout recommencer
ils te disent ça avec leurs yeux bleus qui font peur
et plus ils t'expliquent
et moins tu comprends
ils disent que tu compliques tout avec ta fragilité
ils t'ordonnent d'arrêter de crier
tu cries pas tu dis
tu affirmes tes doutes
stabat mater qui te fait pogoter comme un requin-marteau
tu as douze ans
ton père te montre des prostituées le long du canal
ton père te fait comprendre que ta mère fait pareil mais gratuitement
tu as douze ans
et y a des objets qui te font voyager
journée à
2792 pas
tu ne parles plus d 'espérance
tu ne parles plus d'impasse
tu parles chien aux fleurs et fleur aux chiens
et puis tu l'aimes elle
et puis tu l'aimes elle
sa Gibson
ses poèmes grunge
ses godillots
ses mollets à péter la mâchoire des grands prédateurs
et puis ses seins qui sentent toujours bon la viennoiserie et l'aventure
super émue
elle insiste pour te préparer un petit plat
quintaux de soleil sur ton plexus
journée à
18192 pas
il y a 48 ans jour pour jour c'était la nuit
et ta petite gueule naissait aux forceps quasiment au milieu des chevaux
un bol de soupe aurait pu te contenir
ta mamie te raconte ça avec ses mains
cabane dans les arbres où tu dors en sécurité
le projet c'est qu'il n'y en a aucun
à part celui de tuer les gens sans les tuer
c'est-à-dire en éradiquant leur psychocharisme
les radiateurs t'envoient des messages de confirmation
ce que tu es te rend de plus en plus seul
les couleurs vont trop vite
traction thermique comme dans les trains régionaux
ça te fait chialer en même temps que sourire les sourcils
journée à
11718 pas
tu viens d'apprendre que ton vrai prénom c'est Redouane et non pas Jean-Michel
et tu es comme qui dirait guéri
sauf que tu n'as jamais été malade
triste puzzle
triste
puzzle
tes passions t'ont rarement mené au bonheur
tes certitudes non plus remarque
tous les jours
c'est bataille contre le pain sec
tous les jours
c'est bataille contre le lait froid
tous les jours
c'est bataille contre la résignation
et l'étuve
et l'abîme
t 'es pas violent mais t 'as l'énergie imprévisible des enfants battus qui sont devenus des écorchés doux
tu regardes le feu qui tombe du ciel
tu observes l'indolence avec laquelle la buse variable chasse les micromammifères
tous ces trucs de mec contemplatif
journée à
13787 pas
c'est parfait
c'est parfait mais faut tout recommencer
ils te disent ça avec leurs yeux bleus qui font peur
et plus ils t'expliquent
et moins tu comprends
ils disent que tu compliques tout avec ta fragilité
ils t'ordonnent d'arrêter de crier
tu cries pas tu dis
tu affirmes tes doutes
stabat mater qui te fait pogoter comme un requin-marteau
tu as douze ans
ton père te montre des prostituées le long du canal
ton père te fait comprendre que ta mère fait pareil mais gratuitement
tu as douze ans
et y a des objets qui te font voyager
journée à
2792 pas
tu ne parles plus d 'espérance
tu ne parles plus d'impasse
tu parles chien aux fleurs et fleur aux chiens
et puis tu l'aimes elle
et puis tu l'aimes elle
sa Gibson
ses poèmes grunge
ses godillots
ses mollets à péter la mâchoire des grands prédateurs
et puis ses seins qui sentent toujours bon la viennoiserie et l'aventure
super émue
elle insiste pour te préparer un petit plat
quintaux de soleil sur ton plexus
journée à
18192 pas
il y a 48 ans jour pour jour c'était la nuit
et ta petite gueule naissait aux forceps quasiment au milieu des chevaux
un bol de soupe aurait pu te contenir
ta mamie te raconte ça avec ses mains
cabane dans les arbres où tu dors en sécurité
le projet c'est qu'il n'y en a aucun
à part celui de tuer les gens sans les tuer
c'est-à-dire en éradiquant leur psychocharisme
les radiateurs t'envoient des messages de confirmation
ce que tu es te rend de plus en plus seul
les couleurs vont trop vite
traction thermique comme dans les trains régionaux
ça te fait chialer en même temps que sourire les sourcils
journée à
11718 pas
tu viens d'apprendre que ton vrai prénom c'est Redouane et non pas Jean-Michel
et tu es comme qui dirait guéri
sauf que tu n'as jamais été malade
triste puzzle
triste
puzzle
dimanche 11 juin 2017
la grâce de tes jours
paraît que tu ne ressembles pas à ta photo
paraît que ta barbe blanchit à vue d'œil
paraît que t'as refusé un poste à la SNCF
paraît que t'as un penchant pour les lesbiennes qui sucent
paraît que t'as fait l'armée
paraît que t'as aimé ça mais pas au point de la refaire
paraît que tu peux toucher ton nez avec ta langue
paraît que ton nez tordu c'est suite à un cunnilingus qui a mal fini
paraît que t'es un poète très ordinaire toi
un poète pas très crédible aussi
vu que tu bosses en hypermarché
été précoce
le ciel bleu est un gros bloc
le ciel bleu est un gros con
les déjections canines grésillent sur les trottoirs
à la plancha
à l'arrêt de bus
une femme enceinte se gratte la fouffe à travers sa jolie robe mauve
le peuple bermuda a repris les rues
et ce spectacle essaie de te tuer
tu te défends tant bien que mal contre leurs carrures leurs polos roses leurs espadrilles leurs lunettes de soleil leurs tatouages leurs statuts de demi-dieux aux valeurs spécieuses
du genre à socialiser les pertes
du genre à confisquer les gains
oraison jaculatoire
tu rentres chez toi trinquer avec un cendrier plein de pisse
au passage tu dégondes une porte sans trop savoir pourquoi
et puis tu pars à la douche
joie de vivre
doigt dans le cul en pensant à Gwenn la gouine
qu'elle repasse dans le coin
tu serais pas contre
au cas où
tu refais ta coiffure pubienne
au cas où
tu coupes les ongles de tes pieds
et ton coupe-ongles t'explose littéralement à la gueule
tu n'en tires strictement aucune conclusion
un de ces quatre
tu te verrais bien devenir disciple d'un ermite
ou alors arbitrer des matchs de ping-pong vaginal
tu as toujours su que tu n'aurais pas d'enfants
tu as toujours su que t'avais une malédiction à briser
généraliser est une erreur
ne pas le faire en est une autre
huis-clos partout quand soudain tu prends une décision qui te semble importante
remettre de l'ail dans ta bouffe
mais wé putain
le plus vieux médicament du monde
bruits de journaux froissés dans les arbres où les tourterelles s'enculent
t'es un mec du XX ème siècle toi
tu rêves de slows et de machines à écrire
paraît que ta barbe blanchit à vue d'œil
paraît que t'as refusé un poste à la SNCF
paraît que t'as un penchant pour les lesbiennes qui sucent
paraît que t'as fait l'armée
paraît que t'as aimé ça mais pas au point de la refaire
paraît que tu peux toucher ton nez avec ta langue
paraît que ton nez tordu c'est suite à un cunnilingus qui a mal fini
paraît que t'es un poète très ordinaire toi
un poète pas très crédible aussi
vu que tu bosses en hypermarché
été précoce
le ciel bleu est un gros bloc
le ciel bleu est un gros con
les déjections canines grésillent sur les trottoirs
à la plancha
à l'arrêt de bus
une femme enceinte se gratte la fouffe à travers sa jolie robe mauve
le peuple bermuda a repris les rues
et ce spectacle essaie de te tuer
tu te défends tant bien que mal contre leurs carrures leurs polos roses leurs espadrilles leurs lunettes de soleil leurs tatouages leurs statuts de demi-dieux aux valeurs spécieuses
du genre à socialiser les pertes
du genre à confisquer les gains
oraison jaculatoire
tu rentres chez toi trinquer avec un cendrier plein de pisse
au passage tu dégondes une porte sans trop savoir pourquoi
et puis tu pars à la douche
joie de vivre
doigt dans le cul en pensant à Gwenn la gouine
qu'elle repasse dans le coin
tu serais pas contre
au cas où
tu refais ta coiffure pubienne
au cas où
tu coupes les ongles de tes pieds
et ton coupe-ongles t'explose littéralement à la gueule
tu n'en tires strictement aucune conclusion
un de ces quatre
tu te verrais bien devenir disciple d'un ermite
ou alors arbitrer des matchs de ping-pong vaginal
tu as toujours su que tu n'aurais pas d'enfants
tu as toujours su que t'avais une malédiction à briser
généraliser est une erreur
ne pas le faire en est une autre
huis-clos partout quand soudain tu prends une décision qui te semble importante
remettre de l'ail dans ta bouffe
mais wé putain
le plus vieux médicament du monde
bruits de journaux froissés dans les arbres où les tourterelles s'enculent
t'es un mec du XX ème siècle toi
tu rêves de slows et de machines à écrire
mardi 6 juin 2017
jeudi 1 juin 2017
permaculture dans les cimetières
c'est bien nous ça
comme neufs
comme hallucinés du cadeau de nous-mêmes
dans les rues vides de la sève violette
ou à l'hôtel comme des héros en levrette
partouze à deux
comme neufs
comme hallucinés du cadeau de nous-mêmes
dans les rues vides de la sève violette
ou à l'hôtel comme des héros en levrette
partouze à deux
c'est bien nous ça
souffrant d'un joyeux syndrome
foutre de cheval à gueuler partout dans la gare glacée
ou dans le fameux cabaret à larynger nos bluettes punkoides avec l'alcool de nos ventres
avec la sauce de nos souffles
ou dans le calque des souterrains parsemés d'étoiles cruciformes
nous affamés sur la route
sur les roues
sur les rails
derrière la baie vitrée du restoroute
au chaud
à se plaire dans l'écrasé de pommes de terre et de la connexion mentale
et du poulet grillé
et de tout l'or de l'orgasme vaginal
toute une journée comme ça
contre la montre
dans le contre-jour enfumé
à bisouner nos verges à la base
et à jouer le contre dans la neige ensoleillée
joue contre joue dans des aires d'autoroutes absolument désertes
le lundi
en revenant de Lyon ou de la lune
dans la féerie de l'industrie lourde
et dans la féerie de l'enculade
c'est bien nous ça
morts de rire en sanglots
avec le sang au volant de l'évidence qui berce nos poitrines
euphorie à faire foisonner le piano de nos poumons fatigués
euphorie
malgré les trains à prendre au vol et les dates butoirs qui nous cassent déjà la gueule
nous déjà mélancoliques car déjà périssables
et donc absolument parfaits pour ça
pour se pourlécher la lisière comme des ours emmitouflés sur la banquette arrière
à se faire des trucs purs
à se faire des trucs salaces
à se faire les seins super pointus
à se faire les os super légers
moment m
instant t
à se dire au revoir la bouche pleine de buée
avec nos voix de roues voilées
nos voix d'oiseaux tombés du ring
c'est bien nous ça
à l'ouest de rien
à attendre que dalle
c'est bien nous
permaculture dans les cimetières
souffrant d'un joyeux syndrome
foutre de cheval à gueuler partout dans la gare glacée
ou dans le fameux cabaret à larynger nos bluettes punkoides avec l'alcool de nos ventres
avec la sauce de nos souffles
ou dans le calque des souterrains parsemés d'étoiles cruciformes
nous affamés sur la route
sur les roues
sur les rails
derrière la baie vitrée du restoroute
au chaud
à se plaire dans l'écrasé de pommes de terre et de la connexion mentale
et du poulet grillé
et de tout l'or de l'orgasme vaginal
toute une journée comme ça
contre la montre
dans le contre-jour enfumé
à bisouner nos verges à la base
et à jouer le contre dans la neige ensoleillée
joue contre joue dans des aires d'autoroutes absolument désertes
le lundi
en revenant de Lyon ou de la lune
dans la féerie de l'industrie lourde
et dans la féerie de l'enculade
c'est bien nous ça
morts de rire en sanglots
avec le sang au volant de l'évidence qui berce nos poitrines
euphorie à faire foisonner le piano de nos poumons fatigués
euphorie
malgré les trains à prendre au vol et les dates butoirs qui nous cassent déjà la gueule
nous déjà mélancoliques car déjà périssables
et donc absolument parfaits pour ça
pour se pourlécher la lisière comme des ours emmitouflés sur la banquette arrière
à se faire des trucs purs
à se faire des trucs salaces
à se faire les seins super pointus
à se faire les os super légers
moment m
instant t
à se dire au revoir la bouche pleine de buée
avec nos voix de roues voilées
nos voix d'oiseaux tombés du ring
c'est bien nous ça
à l'ouest de rien
à attendre que dalle
c'est bien nous
permaculture dans les cimetières
dimanche 28 mai 2017
adventices
dimanche midi
d'un coup la terre s'est aplatie
d'un coup la mélancolie est un poison qui soigne
restaurants aux noms ronflants
connards agressifs en terrasse
leurs pantalons repassés le prouvent
cerveaux confits par le vin rouge
le bide pété par les cèpes et le foie gras poêlé
ils ne changent pas
ils se trouvent sexy
ils ont toujours plein de projets
ils ont bien raison
à la laverie
en attendant que se finisse ma lessive
je discute avec un vieux qui m'explique sa passion pour les montres à gousset
il déplore également le fait qu'il n'ait pas de petits-enfants à qui transmettre ça
c'est fini les enfants il me dit et je sais que vous savez
ça se voit il me dit
vous avez coulé tout ça dans une chape de béton mental à cause de votre enfance à vous
à part ça il lit Platon dans le texte
à part ça il vote extrême-droite
à part ça il me trouve bel homme
en tant que directeur des ressources humaines
dieu est un gros déconneur
je me dis des fois
et puis personne n'échappe vraiment à sa propre caricature
je me dis aussi
et puis rêve en sursaut dans un puissant parfum de mauvaises herbes que la pluie cuisine
tartes soupes beignets
petite pluie fine exactement comme j'aime
d'un coup la terre s'est aplatie
d'un coup la mélancolie est un poison qui soigne
restaurants aux noms ronflants
connards agressifs en terrasse
leurs pantalons repassés le prouvent
cerveaux confits par le vin rouge
le bide pété par les cèpes et le foie gras poêlé
ils ne changent pas
ils se trouvent sexy
ils ont toujours plein de projets
ils ont bien raison
à la laverie
en attendant que se finisse ma lessive
je discute avec un vieux qui m'explique sa passion pour les montres à gousset
il déplore également le fait qu'il n'ait pas de petits-enfants à qui transmettre ça
c'est fini les enfants il me dit et je sais que vous savez
ça se voit il me dit
vous avez coulé tout ça dans une chape de béton mental à cause de votre enfance à vous
à part ça il lit Platon dans le texte
à part ça il vote extrême-droite
à part ça il me trouve bel homme
en tant que directeur des ressources humaines
dieu est un gros déconneur
je me dis des fois
et puis personne n'échappe vraiment à sa propre caricature
je me dis aussi
et puis rêve en sursaut dans un puissant parfum de mauvaises herbes que la pluie cuisine
tartes soupes beignets
petite pluie fine exactement comme j'aime
matricule
poète professionnel
papy exhibos
salope du subjonctif
vendeuse de rêves en mousse
Bruce Lee du futur
schizophréne alcoolique en équilibre sur la rambarde du 16 ème étage
tout le monde se touche
tout le monde te raconte sa vie
t'es chez toi
t'es tout seul
t'es à l'hosto
t'es en prison
t'es dans ta famille
t'es dans ta bagnole
tu aimes la bière
tu aimes les filles
tu aimes ton prochain mais pas ta voisine
tu manges passqu'il faut
tu n'as plus du tout peur du vide
passque le vide c'est là que tu vis
mignonnettes de pastaga dans les jardinières
matière fecale sur les poignées de porte
en vacances
la police te confond avec un proxo local
tu passes 24 heures en gardav'
t'essayes de te faire pistonner par ton ex à qui tu n'as pas téléphoné depuis trois ans
elle t'annonce qu'elle est enceinte
et qu'elle va bientôt être maman
et elle te raccroche à la gueule
une nana obèse en nage est persuadée de te connaître de chais-pas-où
tu lui dis que tu bosses ici depuis 20 ans
elle te répond d'un air soupçonneux
oui mais même
les films bouleversants t'ensuquent
le secret c'est qu'il n'y a pas de secret
la polyvalence c'est juste l'autre nom du sous-effectif
au large la mer fait des morts
et les bactéries extraterrestres qui ont jadis ensemencé l'eau des volcans te font grave rêver
tu es tellement patient
que tu n'as plus besoin de psy
l'aurore se casse
l'aurore s'éteint comme le cul d'un bon vieux joint
tu t'appelles 4182
et le soleil te pue
papy exhibos
salope du subjonctif
vendeuse de rêves en mousse
Bruce Lee du futur
schizophréne alcoolique en équilibre sur la rambarde du 16 ème étage
tout le monde se touche
tout le monde te raconte sa vie
t'es chez toi
t'es tout seul
t'es à l'hosto
t'es en prison
t'es dans ta famille
t'es dans ta bagnole
tu aimes la bière
tu aimes les filles
tu aimes ton prochain mais pas ta voisine
tu manges passqu'il faut
tu n'as plus du tout peur du vide
passque le vide c'est là que tu vis
mignonnettes de pastaga dans les jardinières
matière fecale sur les poignées de porte
en vacances
la police te confond avec un proxo local
tu passes 24 heures en gardav'
t'essayes de te faire pistonner par ton ex à qui tu n'as pas téléphoné depuis trois ans
elle t'annonce qu'elle est enceinte
et qu'elle va bientôt être maman
et elle te raccroche à la gueule
une nana obèse en nage est persuadée de te connaître de chais-pas-où
tu lui dis que tu bosses ici depuis 20 ans
elle te répond d'un air soupçonneux
oui mais même
les films bouleversants t'ensuquent
le secret c'est qu'il n'y a pas de secret
la polyvalence c'est juste l'autre nom du sous-effectif
au large la mer fait des morts
et les bactéries extraterrestres qui ont jadis ensemencé l'eau des volcans te font grave rêver
tu es tellement patient
que tu n'as plus besoin de psy
l'aurore se casse
l'aurore s'éteint comme le cul d'un bon vieux joint
tu t'appelles 4182
et le soleil te pue
jeudi 18 mai 2017
arbalète
il tenait absolument à la rencontrer
passqu'il aime sa présence
passqu'il aime vraiment sa poésie
passqu'il souhaiterait glisser son nom à l'oreille d'un certain éditeur
il tenait à la rencontrer mais en toute amitié hein
"amitié" souligné deux fois
passque maintenant il est marié tu comprends
passque maintenant il est papa
il trouve également qu'elle lui ressemble beaucoup
lui aussi a su saisir toutes les opportunités du terrain
femmes de ménage
militaires
nous faisons tous partie du même cercle de lumière sur la terre humaine
il lui dit et disant cela
il la prend par la taille
et disant cela il appuie ostensiblement
son pénis à lui contre sa hanche à elle
et elle
elle a l'impression de choper un cancer
deux heures pour rien
putain d'écrivain érotomane
la ville est très triste
élections sans surprise qui vont permettre aux nouveaux élus de continuer à nuire aux électeurs
maintenant elle est défoncée
maintenant elle a faim
maintenant elle mange des frites qu'elle trempe dans un mélange mayo/ketchup
des jeux de grattage
des jeux et des applications de jeux
autour d'elle
dans la cafétéria
des jeux transforment les gens en jouets
elle se concentre sur le ciel derrière le barreaudage
un ciel vide
un ciel sans oiseau
un ciel blanc qui fait ciller tout le monde
pas elle
elle a une ligne de mi à bosser sur son nouvel ampli
et éventuellement une non-famille à fonder avec Manon
elle se comprend
elle se sourit
son soutif est une arbalète
passqu'il aime sa présence
passqu'il aime vraiment sa poésie
passqu'il souhaiterait glisser son nom à l'oreille d'un certain éditeur
il tenait à la rencontrer mais en toute amitié hein
"amitié" souligné deux fois
passque maintenant il est marié tu comprends
passque maintenant il est papa
il trouve également qu'elle lui ressemble beaucoup
lui aussi a su saisir toutes les opportunités du terrain
femmes de ménage
militaires
nous faisons tous partie du même cercle de lumière sur la terre humaine
il lui dit et disant cela
il la prend par la taille
et disant cela il appuie ostensiblement
son pénis à lui contre sa hanche à elle
et elle
elle a l'impression de choper un cancer
deux heures pour rien
putain d'écrivain érotomane
la ville est très triste
élections sans surprise qui vont permettre aux nouveaux élus de continuer à nuire aux électeurs
maintenant elle est défoncée
maintenant elle a faim
maintenant elle mange des frites qu'elle trempe dans un mélange mayo/ketchup
des jeux de grattage
des jeux et des applications de jeux
autour d'elle
dans la cafétéria
des jeux transforment les gens en jouets
elle se concentre sur le ciel derrière le barreaudage
un ciel vide
un ciel sans oiseau
un ciel blanc qui fait ciller tout le monde
pas elle
elle a une ligne de mi à bosser sur son nouvel ampli
et éventuellement une non-famille à fonder avec Manon
elle se comprend
elle se sourit
son soutif est une arbalète
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samedi 13 mai 2017
c'est la viande qui fait ça
tu crois visiter et tu ne fais que passer
tu as un code
tu as un casier
tu as la chance de rencontrer des petites nanas sympas qui te montrent les gestes qui vont te transformer en robot
y a des émotions qui sont des chocs organiques
y a des réactions terribles qui sont comme des crises
y a des animaux qui s'arment de couteaux
tu veux pas être là
tu veux pas faire ça
tu peux pas partir
tu n'as rien d'autre
tu oublies
tu t'habitues aux sales parfums qui font fuir le sommeil quand ton corps est froid la nuit
tu as un code
tu as un casier
tu as la chance de rencontrer des petites nanas sympas qui te montrent les gestes qui vont te transformer en robot
y a des émotions qui sont des chocs organiques
y a des réactions terribles qui sont comme des crises
y a des animaux qui s'arment de couteaux
tu veux pas être là
tu veux pas faire ça
tu peux pas partir
tu n'as rien d'autre
tu oublies
tu t'habitues aux sales parfums qui font fuir le sommeil quand ton corps est froid la nuit
rendement rendement
calcaire dans certains os qui en meurent
tu n'as pas le temps pour les enfants
tu n'as pas le temps pour lire le contrat moral
les petits secrets à garder par-devers soi
les astuces bien dégueulasses de la direction qui rigole de ses propres blagues
blagues
ça veut dire aberrations en vrai
les améliorations mécaniques qui aggravent les conditions de travail
c'est la viande qui fait ça
la spirale infernale pour rentabiliser les investissements
c'est la viande qui fait ça
les parts de marché gagnées qui au final font perdre de l'argent
c'est la viande qui fait ça
et puis petit à petit ta tête s'éteint
tu regardes les chiffres
tu regardes les anciens
tu regardes le système des primes
et le cadre qui te bouscule exprès pour te faire disjoncter
et le délégué qui ferme sa gueule au lieu de faire remonter les infos à la médecine du travail
personne ici ne va jamais jusqu'au bout
le jeudi tu deviens dangereux pour toi
dangereux pour toi et pour tes collègues
dangereux
ça veut dire inapte en vrai
une vie que tu ne connais pas commence
brûlure bleue à l'intérieur
calcaire dans certains os qui en meurent
tu n'as pas le temps pour les enfants
tu n'as pas le temps pour lire le contrat moral
les petits secrets à garder par-devers soi
les astuces bien dégueulasses de la direction qui rigole de ses propres blagues
blagues
ça veut dire aberrations en vrai
les améliorations mécaniques qui aggravent les conditions de travail
c'est la viande qui fait ça
la spirale infernale pour rentabiliser les investissements
c'est la viande qui fait ça
les parts de marché gagnées qui au final font perdre de l'argent
c'est la viande qui fait ça
et puis petit à petit ta tête s'éteint
tu regardes les chiffres
tu regardes les anciens
tu regardes le système des primes
et le cadre qui te bouscule exprès pour te faire disjoncter
et le délégué qui ferme sa gueule au lieu de faire remonter les infos à la médecine du travail
personne ici ne va jamais jusqu'au bout
le jeudi tu deviens dangereux pour toi
dangereux pour toi et pour tes collègues
dangereux
ça veut dire inapte en vrai
une vie que tu ne connais pas commence
brûlure bleue à l'intérieur
mercredi 10 mai 2017
jeudi 4 mai 2017
flemme de tout
trois tasses de thé vert
une mandarine
une poignée d'amandes
une tartine de miel
je devais envoyer une attestation d'assurance à mon bailleur
finalement non
je devais fournir un relevé d'identité bancaire à mon assureur
finalement non
flemme de tout ça
flemme de tout
je passe sous la douche sans me laver
journée sans produit que je décrète
se passer de l'industrie
ça aussi c'est avoir de l'hygiène
je vais aux arbres
peupliers en fin de vie le long de la piste cyclable
printemps pourri qui me régale
les nuages me traitent de branleur
les pâquerettes puent la haine raciale
tellement le ciel racle
j'ai les yeux en pierre
technique impeccable des corbeaux qui délirent dans le vent au ras des eaux temporaires
la solution est parfois dans l'énoncé du problème
je me dis
si je n'arrive pas à éviter les gens
au moins je parviens à les côtoyer sans les subir
je me dis
appelle-moi charogne
finalement non
je devais fournir un relevé d'identité bancaire à mon assureur
finalement non
flemme de tout ça
flemme de tout
je passe sous la douche sans me laver
journée sans produit que je décrète
se passer de l'industrie
ça aussi c'est avoir de l'hygiène
je vais aux arbres
peupliers en fin de vie le long de la piste cyclable
printemps pourri qui me régale
les nuages me traitent de branleur
les pâquerettes puent la haine raciale
tellement le ciel racle
j'ai les yeux en pierre
technique impeccable des corbeaux qui délirent dans le vent au ras des eaux temporaires
la solution est parfois dans l'énoncé du problème
je me dis
si je n'arrive pas à éviter les gens
au moins je parviens à les côtoyer sans les subir
je me dis
appelle-moi charogne
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