lundi 30 juin 2014

y a un mec qui parle de moi ...

"Pour ceusses qui n'auraient pas compris à qui s'adressait le post précédent, il s'agit d'un individu de type crypto-gascon au crâne rasé intitulé Heptanes Fraxion.

Ce monsieur est l'auteur d'un Calepin (c'est le titre) qui, actuellement, accompagne mon shoot de caféine matinal et contribue à rendre ma journée un peu plus acceptable.

(s'il y a des enfants parmi vous, retenez bien ça : la poésie c'est comme les clopes, c'est le matin que c'est le meilleur)

Je sais, je ne fais pas de pub d'habitude, mais ce coup-ci c'est différent parce que :

1) le Calepin en question est hors commerce et ne risque donc pas de détourner mes millions de lecteurs potentiels ;

2) Il y a quatre mecs vivants dont l'écriture dont l'écriture me fout une claque à la tronche à chaque fois que je les lis. Tous peu, mal ou pas publiés. N'y cherchez aucune espèce d'arrière-pensée politique, c'est comme ça. Et il se trouve qu'Heptanes en fait partie.

Un exemple au pif :

 "... y a le fameux bus qui part pour les steppes... le vieux bus censé traverser... 350 kilomètres de dépression très fertile... un autre monde... soi-disant désert... un lieu saint ou selon... un lieu de perdition... qui remédiera peut-être... à ce truc qui ne veut pas que je vive..."



Pour résumer :

Employés de bureaux, agents du patrimoines, chômeurs informatisés, hanteurs de cybercafés désoeuvrés, mères de familles à l'heure de la sieste, insomniaques accros à la souris, sortez-vous donc les doigts du cul de Facebook et allez donc faire un tour sur son blog. Je vous garantis que c'est un des trucs les plus vivifiants que vous pourrez trouver sur la toile."



                                               
                                            Grégoire Damon




qui en décoche de bien belles...des droites...des lunes...des flèches...ici :Peau de gueule  

lundi 23 juin 2014


la nuit approche

...justement...ils en parlaient tout à l'heure...du rôle crucial...du renouveau...des halos qui brillent singulièrement...dans les rues salées...dans les rues coupe-vent...ils parlaient de ça...oui...et de l’intérêt général...bradé par certains élus...à quelques citoyens fortunés...bref...les halles viennent d'être restaurées...verrières & rivetages...dizaines de marches...pêcheurs & maraîchers...de l'autre côté du chenal...en bas du remblais...Philippe et Alain se régalent...des fumées succulentes...des soufflettes cuisinées par les restaurants...et le vin aidant...ils se sentent moins seuls...la nuit approche...chiffres à l'appui...et il pleut...ce n'est pas un hasard...

samedi 21 juin 2014

l'obscurité est plus sombre que la nuit

l'obscurité est plus sombre que la nuit
et n'importe quoi pourvu que ça monte vite à la tronche
comme l'eau noire de l'océan la mer à boire sur place

l'obscurité est plus sombre que la nuit 
et toute la faune danse où se dansent les noirs desseins
les noirs désordres les plus obscènes les moins sereins

l'obscurité est plus sombre que la nuit
et tu n'es toujours pas fou non juste malheureux
à boire comme un gros bourrin et jusqu'à l'abstraction


mercredi 18 juin 2014

kairos

...c'est une aubaine...l'air chaud n'a jamais été aussi large et riche en graisse...sillonné...patrouillé...le ciel est plein au ras de la boue...au dessus des eaux...les oiseaux bouillent...à la recherche du bon moment...surélévation dans la partie occidentale...couleurs insensées...effets minutés...il fait meilleur d'un coup...bien meilleur que ces derniers jours...escale...et rendez-vous avec des créatures dans l'intervalle... 

dimanche 15 juin 2014


travailleur précaire

le parcours te connait par cœur
c'est traîner en ville
c'est toujours tout droit
c'est tourner en rond 
c'est toujours par là que tu vas
au bout de ce faubourg 
qui sent la pluie et le cramé
le chenil la machine
le papier mâché
détruire casser
ils pensent qu'à ça
la matraque
ils comprennent que ça
bonne soirée
bon appétit
bonne année
et joyeux anniversaire à tout le monde
dans le troquet
qui fait angle
la lumière fait des plaques
écran plasma
football anglais
payer pour ça
tu trouves ça normal
y a trois pelés
et un tondu
toujours les mêmes
qui tapent la discute
et qui se jaunissent
et qui s'échangent du tabac
lui il fait trop sa tapette
lui il fait trop son papa
un de ces quatre
je vais lui rentrer dans la bouche
il va pas comprendre
sale mentalité en plus
elle était très sympa avec moi
autrefois Yaëlle
maintenant elle ne me regarde pas
maintenant elle m'analyse
et ils disent 
y a de quoi péter un câble hein 
ou bien ils disent
mais y a rien là putain
41 ans
travailleur précaire
divorcé deux fois
tu prends appui
tu remets ta parka
d'aussi loin que tu te souviennes
faire partie
t'a toujours fait partir
c'est comme ça

samedi 14 juin 2014


il ne se passe rien mais je ne m'ennuie pas

il ne se passe rien mais je ne m'ennuie pas
le soleil va vers le vide
je suis bien là
comme si j'étais très loin
comme si j'étais tout seul
comme si j'étais chez moi
la vie en caravane me recharge le cœur
me berce le bide me donne à réfléchir
documente mon scepticisme
je suis bien là
je m'amuse avec les stéréotypes autant que faire se peut
je profite un peu de la fenêtre météo
de l'insuline de l'air sublime qui passe soudain sur l'île
du graphisme étrange des arbres
des grands oiseaux inquiets
des grands oiseaux tranquilles
hein?
ouais
le créneau est parfait
je suis bien là
je continue d'aimer tout en continuant à me méfier
et je revisse mes yeux rincés dans les sérums limpides
servis par la verdure juste au moment du crépuscule
et mes oreilles ont soif aussi que j'étanche aussitôt à la source
qui paye toujours en liquide
ça veut dire que la musique remplit l'espace de toute sa classe
ça veut dire ferveur
ça veut dire fragilité
ça veut dire jolies sensations au niveau du scrotum
ça veut dire que je sais maintenant
que je n'aurais ni le loisir ni le temps
de choisir la couleur de mon slip
quand le Seigneur me rappellera à ses côtés
liberté de mouvement coton extensible
je suis bien là
les pâtes sont en train de cuire
les paradoxes sont en train de m'instruire
comme d'habitude les seules promesses que je tiens
sont celles que je ne fais pas
il ne se passe rien mais je ne m'ennuie pas
le soleil va vers le vide
je suis bien là




Réalisation:Jan Bardeau.
Illustration:Vince Larue

12x17 cm,70 pages.

vendredi 13 juin 2014

en attendant d'aller au vin

en attendant que les carcasses de baleines en pourrissant à la surface
finissent par fertiliser le fond des abysses ...


en attendant d'aller au vin et d'oublier l'inoubliable
mais pas le méchant penchant qui me tient en équilibre... 


en attendant de me marier avec la nuit qui pue et qui sent bon
et que la lune allume la lame de mon couteau
et que la lame de mon couteau m'indique la bonne direction à suivre
même si ce n'est pas forcément celle que je préfère ...


en attendant je t'écris du quartier que tu sais
où l'adrénaline pousse qui fait crier
et moi je crie et moi je pense à toi
à ce que vaut mon indépendance quand je ne suis pas avec toi...