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vendredi 17 mars 2017

bois de berge

pas toxicomane
pas prostituée
pas au point de traîner à longueur de journées avec des ex taulards portés sur la tise


ils kiffent sa silhouette longiligne
ils kiffent sa voix ultradouce et ses yeux créoles
beaucoup moins ses tournures de phrases élaborées


pas loin un cimetière wisigoth
pas loin une centrale hydraulique
pas loin une forêt alluviale
des saules blancs
des peupliers noirs
des strates et des strates d'herbes parmi lesquelles elle retrouve 

non pas le désir poétique de dieu
mais cet endroit secret dans sa tête où elle se sent toujours en sécurité

jeudi 5 juin 2014

le jeudi souvent je dévie (3)

le jeudi souvent je dévie
en ville tout est en train
de se faire et de se défaire
de se cuire et de se flétrir
de se construire de se périr
les chantiers les affaires
les plans cul les délits
les desserts les crédits
les délires et les fruits
et la crème et le crime
je renoue je reprends goût
je me régale du regain du ragoût 
je fais mon trou dans le coin
dans le gros grain
dans le redoux
entre chair et chien
entre sauce et loup
je prie à la criée
pour des levées d'écrous
pour des grappins
pour des plans B
des itinéraires bis
et des passages secrets
je me fais des films à l'arrachée 
dans le larsen le long des parois
des cruciformes au bout des doigts
des ailes aux ongles et des leviers
comme qui dirait des arrache-clous
comme qui dirait des pieds-de-biche
y a des taulards y a des tarlouzes
y a des bisons y a des zombis
et des faubourgs funèbres
et des tunnels sous la frontière
un joueur de blues post-apocalyptique
un brasero dans la brume
une femme à bite hyperactive et lunatique
un zoo au clair de lune
l'orgueil et l'ennui ne m'ont pas trop moisi
mais il n'est que huit heures et demie
le jeudi souvent je dévie