beaucoup de passage
beaucoup de travaux
et moi qui m'excentre en loucedé
au milieu des courants d'air gothiques et des épices passionnantes qui me font en même temps
et froid dans le dos et chaud au coeur
tel un portrait-robot
je me la joue comptemplatif sur la plus célèbre volée de marches de la ville
où les jours rallongent maussades et frais
à deux pas
dans les laveries automatiques
les dernières machines sont en train de tourner
le printemps sent la pizza et la fosse septique
sur un banc en pierre
deux gratteux taquinent grave en jazz manouche
un clochard apprécie
rescotche sa godasse et invite son chien à gincher
au sortir de la boulange
une petite nénette regagne ses pénates en portant dans ses bras un gros pain comme elle porterait un nouveau né
ou alors tout le poids du monde des mammifères
le long du Canal
des bâtiments délabrés depuis des années
le long du Canal
des boîtes à la mode et des histoires de sperme noir
ça booouge dans le Sud mais rien ne change
post scriptum
c'était pas si mal pour une journée de merde
merci de m'avoir accompagné
«Encore un qui se prend pour un génie de la littérature. Tchouss.» Alcôve House Revue
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dimanche 9 avril 2017
mardi 17 mars 2015
abribus
sushi pizza kebab
mixité parité
égalité des chances
on voit que ça
on entend que ça
nous c'est pas pareil
nous on est pas comme ça
partir en vacances
se mettre la tête
y a des gens qui font que ça
la Thailande c'est génial
Montpellier c'est des salopes
assis en position foetale
un mec complétement déchiré
essaie de se rouler une clope
une petite vieille sur la pointe des pieds
mate à l'intérieur du camion des pompiers
et les jours deviennent des semaines
et les semaines deviennent des années
en réalité seul le profane est sacré
le reste est robustesse du système
au service de lui-même
j'ai dit tchao à tout ça
j'abandonne toutes les images
j'ai un pur moment à contempler
dynamique spatiale à travers les arbres
où la nuit s'agence sous un éclairage macabre
jeudi 5 février 2015
la glace des volcans avec du jus de citron
problèmes avec la mère
il a dit ça le coach mental de mon ex
en voyant ma ganache sur une photo
et moi je dis ouaaaais
et moi je dis passion patiente
et moi je dis pizzaaaa
fut un temps où des oiseaux gigantesques
se nourrissaient de chevaux minuscules
et grâce à la crue
je peux naviguer au milieu de cette forêt
sans jamais voir personne
putain c'est trop bon la glace des volcans
avec du jus de citron
Virginie est complétement pompette
elle en profite pour me dire qu'elle me kiffe
et me propose une expérience inédite que je décline
chasser le dragon en famille
avec mon cv j'ai plus trop de marge
et à mon âge la meilleure défonce
ça reste quand même une bonne nuit de sommeil
il a dit ça le coach mental de mon ex
en voyant ma ganache sur une photo
et moi je dis ouaaaais
et moi je dis passion patiente
et moi je dis pizzaaaa
fut un temps où des oiseaux gigantesques
se nourrissaient de chevaux minuscules
et grâce à la crue
je peux naviguer au milieu de cette forêt
sans jamais voir personne
putain c'est trop bon la glace des volcans
avec du jus de citron
Virginie est complétement pompette
elle en profite pour me dire qu'elle me kiffe
et me propose une expérience inédite que je décline
chasser le dragon en famille
avec mon cv j'ai plus trop de marge
et à mon âge la meilleure défonce
ça reste quand même une bonne nuit de sommeil
vendredi 31 octobre 2014
mots clefs n° 33
coupe au carré en vogue
quelques problèmes avec la justice
deux trois préjugés xénophobes
le début des années 90
c'est un peu la fin des années 80
hein
et ton honnêteté
c'est juste un manque d'ambition
alors ferme ta gueule
éteins la télé
ferme la porte
et enlève ta culotte
...pizza
...poker
extase & douleur
chant intime qui laisse des traces
tout ce dont vous avez besoin
quand la lumière s'éteint
quelques problèmes avec la justice
deux trois préjugés xénophobes
le début des années 90
c'est un peu la fin des années 80
hein
et ton honnêteté
c'est juste un manque d'ambition
alors ferme ta gueule
éteins la télé
ferme la porte
et enlève ta culotte
...pizza
...poker
extase & douleur
chant intime qui laisse des traces
tout ce dont vous avez besoin
quand la lumière s'éteint
samedi 18 janvier 2014
post-scriptum (à Séverine C.)
...beaucoup de passage...en dessous des normales saisonnières...beaucoup de travaux...çà & là...et moi qui m'excentre...en loucedé...au beau milieu...un havre de paix...une halte idéale...des épices passionnantes...qui vont avec les courants d'air gothiques...et les idées plus ou moins claires...qui font froid dans le dos...qui font chaud au cœur...portraits-robots...silence radio...je me la joue tranquille...sur la plus célèbre volée de marches de la ville...où les jours rallongent...maussades & frais...à deux pas...dans les laveries automatiques...les dernières lessives sont en train de tourner...le printemps sent la pizza...et la fosse septique...petits trafics & jazz manouche...deux gratteux sur un banc en pierre taquinent grave à ce niveau...un clodo apprécie...rescotche sa godasse...et fait danser son chien...une petite nénette regagne ses pénates...elle porte dans ses bras un gros pain...de la même façon qu'elle porterait un nouveau né...tout le poids du monde des mammifères...je me donne neuf mois...pour couper les ponts...avec les agences...le long du Canal...des bâtiments délabrés...des clubs à la mode...et des histoires de sperme noir...ça booouge dans le sud...mais rien ne change...post-scriptum...c'était pas si mal pour une journée pourrie...merci de m'avoir accompagné...
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mercredi 1 janvier 2014
1995
grosse
barbouze gros cheveux grosses lunettes noires
tonsure
naissante et perfecto
maigre
comme un chat bouffeur de lézards
gentiment
dealer parfois ramancheur
bluesman
à l'occaz
Albert
vient d'acheter une bouteille de Porto
qu'il
compte offrir au vieux Manolis
pour
remercier çui-ci d'avoir accueilli dans son bar la soirée d'
Halloween
devant
l'épicerie c'est la routine
deux
juifs hassidiques encombrés par leurs sacs à provisions
et
leur intégrisme à la con
sont
terrifiés par un petit clébard tranquillement posé sur son cul
impur
et
tout aussi tranquille
et
tout aussi posé
et
tout aussi impur
un
type sur un banc
leur
gueule d'arrêter de faire peur au pitou avec leur superstition
un
type sur un banc qui soit dit en passant
a
gardé son déguisement de gorille pour lire son journal et fumer son
bat
et
en parlant de fumette Albert doit encore faire le plein de clopes
chez
les contrebandiers de la réserve Kahnawake
et
puis surtout leur dire au revoir
et
au retour faire un léger détour pour ramener la Dodge à Catherine
et
puis surtout lui claquer le bisou
mais
asteur Albert profite
la
compilation "HEY DRAG CITY" passe en boucle dans sa tête
tandis
qu'il se grignote une part de pizza végétarienne
quelque
part dans le quartier Mile-End
une
pizzeria tenue par deux moustachus férus de patinage artistique
la
neige se fait attendre en cette année de référendum
un
ciel bleu incassable règne sans partage sur la ville de Montréal
et
Albert sourit à ça
aux
360 degrés du ciel
aux
princesses pornos
aux
elvis nazis
aux
yeux verts des brunettes alternatives
et
à la fabuleuse lumière biseautée qui l'attend là-bas
sur
la Grand'Route
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