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dimanche 19 mars 2017

la eternidad y luego un hoyo en la cerca ( trad. de Laurent Bouisset et d'Erick Gonzalez.)

eso es lo que necesito
cosas llenas de óxido que se arrastran en el polvo y el sol
una larga línea recta una ciudad vacía un lugar perdido
donde mi cráneo camine descalzo entre hangares y silos
eso es lo que necesito
el máximo de espacio
la trashumancia de las nubes
billones de cielo azul en efectivo
la masa intensa y poética
de los transportes pesados
una juerga hermosa
una coherencia extraña
un silencio de oro
sí, es eso lo que necesito
la eternidad pero no demasiado
la eternidad sin la cadena perpetua
la eternidad y luego un hoyo en la cerca

eso es lo que necesito
algunos bosquecillos y un par de fosos
en el azul de los bosques el azul oscuro
y la luz de los Indios que ilumina el camino
cuando no hay luz y no hay camino
eso es lo que necesito
vino pan y queso
una buena paja un gesto del cosmos
una pausa en mi día de descanso
mientras aprendo a hacer malabares
con las rocas de mis pensamientos
que todos los pequeños coágulos se pongan a girar
que todos se enrojezcan en este instante
sí, es eso lo que necesito
la eternidad pero no demasiado
la eternidad sin la cadena perpetua
la eternidad y luego un hoyo en la cerca

(Muer fait mal, Editorial LIGNE 19)

mercredi 27 avril 2016

et puis parfois non

y a toujours du bon dans le mauvais 

sans le mariage 
elle n'aurait jamais appris à divorcer
et sans avoir divorcé
elle ne se serait pas remariée avec ce mec merveilleux
 rencontré lors d'un cours de danse
un mec passionnant de cuisine et de musique
comment fait-il pour sentir si bon cet homme
sans jamais se parfumer 

ça veut dire que si elle n'avait pas depuis toujours rêvé d'apprendre à danser le rock
elle ne serait probablement jamais redevenue maman 
surtout à quarante ans passés

elle est à la retraite depuis quatre ans maintenant
et elle est toujours autant remuée
quand elle évoque ses parents qui n'ont pas eu cette chance
émigrés
réfugiés
elle n'était pas sensée devenir professeur de philosophie
elle
Isabelle 
la sale petite espagnole
et d'y aller de son rire de souris

son mari est en déplacement
sa fille est à Paris
seul son chien l'attend ce soir à la maison 
un Setter Irlandais rouge
qui s'appelle Joyce
et qui a deux ans
et qui est plein de noblesse

mais elle est beaucoup trop bavarde
et puis elle est en train de perdre sa voix
ça y est sa voix se perd
faut vraiment qu'elle y aille 

la vie est parfois une telle punition
me dit-elle en me serrant la main 
et puis parfois non